Le salarié peut être victime de harcèlement sexuel au travail sans être personnellement l’objet des propos ou comportements dénoncés
Aucun salarié ne doit subir des faits de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés, dont la caractérisation ne requiert pas que le salarié ait été directement visé par lesdits propos ou comportements, mais seulement qu'il ait été exposé à de tels agissements dans un environnement de travail humiliant, dégradant, hostile ou offensant.
Pour qu'un salarié puisse être reconnu victime de faits de harcèlement sexuel, doit-il avoir été lui-même directement visé par les propos sexistes répétés ou suffit-il qu'il ait supporté de tels propos dirigés à l’encontre de ses collègues ? Dans un
Le litige concerne une salariée qui a dénoncé auprès de sa hiérarchie les agissements de harcèlement sexuel commis à son encontre par son supérieur hiérarchique, lequel, après intervention de la direction, s'est ensuite abstenu de tout contact avec elle. Ce dernier ayant poursuivi ses agissements et propos déplacés envers d'autres salariés, l'employeur lui a délivré une mise à pied disciplinaire.
Placée en arrêt de travail, la salariée a, par lettre remise à l'employeur, dénoncé des faits de harcèlement sexuel et moral qu'elle-même et ses collègues subissaient au sein de l'entreprise.
Ultérieurement licenciée pour faute grave, elle a saisi la juridiction prud'homale en demandant notamment que son licenciement soit jugé nul et que son employeur soit condamné à lui payer des dommages et intérêts en raison des faits de harcèlement moral et sexuel.
Les juges du fond ont déboutée la salariée de ses demandes en dommages et intérêts pour harcèlement sexuel et au titre de la nullité du licenciement aux motifs que n'était pas établie la matérialité d'au moins un fait précis et circonstancié permettant de présumer l'existence d'un harcèlement sexuel à son encontre. Ce, dès lors que les attestations qu'elle a produites aux débats mentionnaient des propos à connotation sexuelle ou sexiste dont elle avait été témoin qui avaient été tenus à ses collègues et non pas à elle, sans témoigner de faits la concernant
Saisie, la Cour de cassation casse et annule leur arrêt. Elle pose comme principe qu’il résulte de l', dans sa rédaction antérieure à la
À retenir : Un salarié peut subir un harcèlement sexuel même lorsque les propos ou comportements litigieux sont adressés à d'autres personnes, dès lors qu'il est exposé à un environnement de travail humiliant, dégradant, hostile ou offensant.